Les auteurs sont-ils des « voleurs » ?

Drôle de question, n’est-ce pas ? Les auteurs et autrices sont-ils des « voleurs » ?

On ne parle pas de voler des livres dans les rayons d’une librairie, bien sûr… On parle de « voler » des anecdotes, des noms, des looks, des faits divers…

Et j’avoue, je suis moi-même une « autrice voleuse ». Je vole des prénoms, des personnalités, des légendes, des visages, des paysages…

En tant qu’autrice j’ai bien conscience que je n’invente rien. J’ai plutôt l’impression d’agglomérer, de combiner, d’associer une multitude d’éléments piochés dans ma vie de tous les jours, dans mes lectures, dans mes rencontres, sur les réseaux sociaux… Bien sûr, mon imagination se charge de combler les vides. C’est le liant qui rend tout ça cohérent, qui aide l’histoire à tenir debout.

Si je prends l’exemple de mon dernier roman, mon Cosy Mystery, j’ai commencé par m’inspirer d’une belle bastide que j’ai visitée cet été dans mon département. Quand il s’est agi de donner une profession à mon héroïne, je me suis inspirée d’une cartomancienne découverte sur Tiktok et que j’adore. Pour l’intrigue, j’ai utilisé les légendes et l’histoire de villages et châteaux autour de chez moi… Je vous avais bien dit que j’étais une voleuse !

Je vole aussi dans les histoires que j’ai pu lire, dans les séries que j’ai regardées ou les films que j’ai visionnés.

C’est important d’en être conscient, de réaliser que nos romans sont bâtis sur les fondements de notre culture et de notre vécu.

Je n’invente pas, je réinvente, à ma sauce…

On ne peut se le permettre qu’avec respect et gratitude. Il est bien sûr hors de question de voler ou d’emprunter quoi que ce soit de trop important ou de trop reconnaissable sans avoir, au préalable, recueilli l’avis éclairé des personnes concernées. Le but n’est pas non plus de copier. Il faut rester vigilant et veiller à ne pas basculer dans le plagiat. Il est hors de question que l’on puisse reconnaitre, dans l’un de mes romans, une personne de mon entourage.

Voilà pourquoi il est primordial, en tant qu’auteur ou autrice, d’avoir conscience de ce phénomène inhérent au processus d’écriture.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

Caroline Courtois

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